« La charge » ou la violence de l’État contre le peuple

 
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    « La charge » (En espagnol « La Carga), 1903. Ramón Casas y Carbó

    Il est curieux que ce tableau frappant à la composition étrange ait longtemps été considéré par beaucoup comme une image emblématique de la gauche européenne, alors qu’il a en fait été peint par un bourgeois, ce qui a une explication.

    À l’origine, le « Fardeau » de Ramón Casas ne faisait pas référence à un événement réel. Le paysage d’arrière-plan est également irréel, mais il est censé se dérouler à Barcelone, car certains des bâtiments représentés sont réels, comme le Pla Palau et les trois cheminées de Poble Sec.

    Bien que le tableau soit daté de 1903, Ramón Casas l’a achevé en 1899 et l’a soumis à l’Exposition universelle de Paris, mais le jury espagnol ne l’a pas retenu, il a donc décidé de le mettre de côté.

    Lorsque les soulèvements populaires, la répression de la classe ouvrière et la grève générale ont eu lieu en 1900, Casas est revenu à l’œuvre et l’a retouchée avec l’intention de la présenter à Paris en 1903, sachant que le tableau attirerait l’attention et pourrait remporter un prix car il traitait d’un thème d’actualité de dénonciation sociale, inconfortable pour certains et nécessaire pour d’autres. Et c’est ainsi, bien que Casas n’ait eu aucune intention de dénoncer quoi que ce soit, que la peinture « à message » était simplement une mode du moment.

    « La charge » évoque l’une des nombreuses charges contre le prolétariat menées par la Garde civile à Barcelone pendant la grève générale qui a paralysé la ville le 17 février 1902, et sa composition serait inspirée du tableau deGoya « Le 2 mai 1808 à Madrid : le combat avec les Mamelouks ».

    Décomposer « La charge »

    Désormais, une exposition qui s’ouvrira le 23 mars au musée de la Garrotxa à Olot (Gérone) commémorera l’arrivée du tableau. Il y a un siècle, le gouvernement espagnol a émis un ordre royal autorisant le transfert du tableau à l’ancien Musée-Bibliothèque d’Olot.

    L’exposition a pour but d’expliquer ce que représentait « La charge » de Ramon Casas et ce qu’elle représente aujourd’hui en déconstruisant le tableau pour qu’il puisse être compris dans ses moindres détails. L’exercice nous permettra également d’analyser la répression que les États ont exercée contre le peuple à travers l’histoire.

    À la fin de l’Ancien Régime, au 18e siècle, la société de masse apparaît et, avec elle, la protestation organisée dans la rue. Les États ont organisé des forces de police pour remplacer les militaires dans la tâche de répression du peuple. L’exposition présentera une variété de matériel graphique illustrant son évolution.

    Parmi ces images, vous trouverez quelques vignettes connexes qui m’ont été demandées, ainsi qu’une photographie de @julioelpoeta qui a également sa propre petite histoire.

    "La Carga" o la violencia del Estado contra el pueblo
    Bannière lors d’une manifestation

    La photo a été prise le samedi 28 mai 2011 lors de la manifestation du 29-S à Amsterdam et sera exposée avec celle du dessin animé original sur la bannière, qui a été prise sur le publié sur le même jour.

    "La Carga" o la violencia del Estado contra el pueblo
    "La charge" ou la violence de l'État contre le peuple

    Plus de curiosités et de détails sur « La Carga », et d’autres œuvres de Ramón Casas, dans cet intéressant programme de 28 minutes.

    "La charge" ou la violence de l'État contre le peuple

    Exposition « La Càrrega » ou la violence de l’État contre le peuplemusée de la Garrotxa. Du 23 mars au 18 août 2019.


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