Nouveau cas de censure d'un caricaturiste par le gouvernement indien

06.03.2026|

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Caricature politique de Gaurav Sarjerao montrant Narendra Modi les bras tendus et barbouillés d'excréments verts, tout en s'exclamant "Mon ami Dolaand !!!". Au-dessus de lui, un pigeon avec la tête de Donald Trump chie sur Modi ; le pigeon s'appuie sur un fil auquel sont suspendues des bombes nucléaires.
Couverture de l'hebdomadaire Marmik, de Gaurav Sarjerao, qui a été censuré.

Cartooning for Peace rapporte un nouveau cas de censure gouvernementale en Inde, un pays qui se hisse rapidement sur la liste de"l'humour en détresse".

Le caricaturiste indien Gaurav Sarjerao a vu son compte Instagram (et un post) bloqué en Inde suite à une demande initiée par la police de l'État d'Haryana (compte original bloqué en Inde/compte alternatif).

Son compte, dont 98% des followers se trouvent en Inde, affiche désormais les messages "publication non disponible en Inde" et"utilisateur non disponible en Inde". En cause, cette caricature publiée en couverture de l'hebdomadaire politique Marmik en août 2025 et partagée sur son compte Instagram, qui a été vue plus de deux millions de fois. Gaurav Sarjerao y critique la relation du Premier ministre Narendra Modi avec le président américain Donald Trump dans le cadre d'une coopération accrue en matière de défense.

Interrogés par le dessinateur, les modérateurs de la plateforme numérique se sont contentés d'évoquer leur "politique de restriction d'accès conformément à la législation locale", sans pouvoir préciser la disposition légale sur laquelle se fondait cette restriction, et ont invité le dessinateur à contacter la police locale qui avait demandé le blocage.

Nouveau cas de censure d'un caricaturiste par le gouvernement indien 1

Cette censure de l'internet fait partie d'une opération plus large menée par la police de l'État d'Haryana en collaboration avec le ministère de l'électronique et des technologies de l'information (MeitY). La presse écrite rapporte que des centaines de messages et de profils ont été supprimés en un mois dans le cadre d'une opération visant les"contenus répréhensibles, antinationaux, antireligieux et trompeurs". Interrogé par les médias, le chef de la police a déclaré que"les contenus générés par l'IA représentant le Premier ministre Narendra Modi avec le président Trump font partie des contenus qui ont été supprimés, lorsque le Premier ministre est dépeint sous un jour négatif, ainsi que les contenus impliquant d'autres dirigeants nationaux".

Cette opération s'inscrit dans le cadre d'un nouveau mécanisme de censure qui permet aux autorités locales d'exiger des plateformes de médias sociaux qu'elles suppriment certains messages. En octobre 2024, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a lancé la plateforme Sahyog. Toutes les plateformes numériques sont tenues d'adhérer à ce système, qui étend le pouvoir d'émettre des demandes de suppression - auparavant réservé à deux ministères fédéraux - à toutes les agences gouvernementales fédérales et d'État, aux fonctionnaires de district et à la police.

Selon les médias locaux, la police de l'État d'Haryana invoque la section 79(3)(b) de la loi sur les technologies de l'information, qui stipule que les intermédiaires (entreprises technologiques) perdront leur immunité s'ils ne retirent pas les contenus illégaux à la demande du gouvernement. Cartoonist for Peace note que les analystes s'accordent à dire que l'objectif des autorités est de contourner les arrêts de la Cour suprême qui ont limité l'utilisation par le gouvernement de l'article 69 de la loi sur les technologies de l'information pour bloquer des contenus sur l'internet.

Gaurav Sarjerao, qui a vu l'une de ses publications, puis l'ensemble de son compte Instagram, bloqués, n'a reçu aucune notification officielle de la base juridique de cette décision. News Laundry se fait l'écho des préoccupations des caricaturistes en Inde, qui voient leurs publications en ligne de plus en plus restreintes.

Cartooning for Peace s'inquiète de ce nouveau cas de censure qui illustre une fois de plus la volonté des autorités indiennes de réprimer la liberté d'expression. La politique de modération de Meta "au nom du droit local" est utilisée comme outil d'une législation nationale répressive édictée par un gouvernement qui craint l'humour.

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