Nouveau report du procès du dessinateur Ashraf Omar, accusé de collaboration avec des terroristes

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16.10.2026|

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Nouveau report du procès du dessinateur Ashraf Omar, accusé de collaboration avec des terroristes

Des membres de Cartooning for Peace réclamant la libération d'Ashraf Omar à Paris. Photo : © Jérôme TRIPIER-MONDANCIN

La prolongation d'une procédure judiciaire est l'une des différentes formes de répression visant à prolonger les détentions unilatérales ; c'est ce que subit actuellement le dessinateur égyptien Ashraf Omar. Il est emprisonné depuis près de deux ans. Son procès était prévu le 12 octobre, mais il a été reporté une nouvelle fois par le tribunal pénal du Caire en raison de l'absence du premier témoin à charge, un agent de la police judiciaire. La nouvelle date fixée est le 14 décembre.

Le tribunal n'a pas donné suite à la demande de remise en liberté présentée par son avocat, qui faisait valoir que le délai légal de détention provisoire, fixé à 18 mois pour ce type d'affaires, avait été dépassé.

Le jour de l'audience, Khaled Ali, l'avocat d'Ashraf Omar, a publié sur son compte Facebookque « les appels professionnels et humanitaires se multiplient dans les milieux journalistiques et au sein des organisations de défense des droits de l'homme, demandant la libération immédiate d’Ashraf Omar et le retrait des chefs d’accusation qui pèsent contre lui, afin que sa plume libre puisse à nouveau s’exprimer dans les pages de la presse, au lieu de priver la société de son art et de sa créativité éclairée ».

Khaled Ali rappelle qu'au début de l'enquête, le parquet l'avait inculpé des chefs d'accusation suivants : «appartenance à une organisation terroriste (les Frères musulmans), de financement du terrorisme par le biais d’un financement de ladite organisation, d’utilisation d’un site Internet dans le but de diffuser des idées et des croyances incitant à commettre des actes terroristes, ainsi que de diffusion délibérée de fausses informations, de communiqués et de rumeurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, concernant la situation interne de l’État, ce qui aurait affaibli l’autorité et le prestige de l’État, troublé la sécurité et la paix publiques, semé la terreur parmi la population et porté atteinte à l’intérêt public) ».

Toutefois, lorsque la décision de renvoi a été rendue le 15 novembre 2024, le parquet a classé sans suite trois chefs d'accusation, a maintenu celui de financement d'un groupe terroriste et a ajouté celui de collaboration avec un groupe terroriste en vue de la réalisation de ses objectifs.

Le média Al-Manassa, pour lequel travaillait Ashraf Omar, souligne que plus de 800 écrivains, intellectuels et artistes ont déjà réclamé sa libération dans un communiqué de solidarité, dans lequel ils affirment que « l'arrestation d'un jeune intellectuel qui a décidé de se consacrer à sa passion et d'exercer son droit constitutionnel à s'exprimer par la traduction et la caricature, et qui a même apporté d'importantes contributions dans ces domaines, est un signe grave du déclin de la liberté culturelle et de la créativité ».

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