L'Arabie saoudite : luxe et progrès en apparence, répression en coulisses

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25.08.2026|

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Caricature de Gianluca Constantini

Mohammed Alhazza Alghamdi, connu sous le nom d'Al Hazza, est un dessinateur saoudien qui a été arrêté en février 2018 par les autorités saoudiennes. Il a été accusé d'avoir créé des « caricatures offensantes » pour le média qatari Lusail, lors de la longue crise diplomatique entre le Qatar et l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn, qui a débuté en 2017, ainsi que d’avoir publié sur les réseaux sociaux des messages « hostiles » au régime saoudien et « favorables » au Qatar. En 2021, il a été condamné à six ans de prison ; en 2024, sa peine a été alourdie à 23 ans.

Al Hazza en est à sa huitième année derrière les barreaux, accusé d'avoir insulté le gouvernement et les dirigeants saoudiens, d'avoir manifesté de la sympathie envers le Qatar, d'avoir communiqué avec des entités hostiles et d'avoir suivi des comptes de l'opposition sur le réseau social « X ». Le parquet s’est appuyé sur des caricatures de l’auteur etdes tweetsqui lui ont été attribués, alors qu’une grande partie de ces messages n’étaient pas les siens.

Bien que le tribunal ait reconnu, selon les documents obtenus par l'organisation de défense des droits de l'hommeSanad, baséeau Royaume-Uni, que les preuves étaient insuffisantes pour étayer certaines des accusations, il a finalement été condamné. Voicile récitde son arrestation et des motifs de celle-ci, selon Sanad.

Al Hazza avait initialement été condamné à six ans de prison et à une interdiction de voyager pendant six ans. Par la suite, l'affaire a été réexaminée et une nouvellepeine de 23 ansde prison, sans possibilité d'appel, a été prononcée.

Cartooning for Peace rappelle que le dessinateur politique saoudien est toujours emprisonné pour ses caricatures, alors que le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, effectue actuellement une visite officielle en France, à l’invitation d’Emmanuel Macron. L’organisation exhorte les autorités françaises à veiller à ce que la situation de ce prisonnier d’opinion figure également à l’ordre du jour des discussions avec l’Arabie saoudite et à ne pas se limiter à des considérations géopolitiques et à des questions commerciales (c’est-à-dire leurs affaires), compte tenu de la situation de la liberté d’opinion, de la liberté d’expression et de la liberté de la presse dans ce pays.

Comme le souligne le dessinateur et militant italien Gianluca Constantini, cette affaire est un exemple de plus de la répression croissante à l’encontre de toute forme de dissidence en Arabie saoudite depuis l’arrivée au pouvoir du prince héritier Mohammed ben Salmane. Mohammed al-Ghamdi a été persécuté simplement parce qu’il était artiste, rien de plus. Il s’agit d’une situation tragique qui met en évidence la nécessité urgente d’une action internationale pour protéger la liberté artistique et les droits de l’homme en Arabie saoudite.

Même si le prince Mohammed a mis en œuvre certaines réformes et annoncé des projets grandioses (mégalomaniaques et au point mort) dans le but d’améliorer l’image internationale du royaume afin de réduire sa forte dépendance au pétrole, la réalité est que quiconque exprime des opinions critiques, même à travers l'art, s'expose à de graves conséquences.

La dessinatrice iranienne Atena Farghadani, condamnée à six ans de prison

L'humour en difficulté, recueil de cas
Cas de dessinateurs ayant rencontré des problèmes d'une certaine ampleur en raison de leurs caricatures ou illustrations satiriques. On y trouve également quelques récits concernant d'autres personnes qui, sans être dessinateurs, ont eu des ennuis pour les avoir partagées.

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