La caricature, un droit fondamental

 
 
La caricature, un droit fondamental

En 2017, des dessinateurs professionnels de tous horizons, sensibilités et continents se sont réunis autour d’un projet : faire reconnaître le dessin de presse comme un droit fondamental au niveau international.

Alors que la liberté d’expression, en général, est un droit fondamental reconnu comme tel, bien qu’il soit souvent violé, comme le montre l’exemple suivant de nombreuses affaires ont été portéesil s ‘agit ici de promouvoir et de défendre son utilisation à travers ce qui est propre au dessin de presse : humour, dérision, ironie, critique, dénonciation..

Il existe des pays où une caricature peut conduire son auteur en prison pour divers délits tels que la sédition ou l’incitation à la rébellion, les insultes, les atteintes aux sentiments et/ou symboles religieux, les insultes aux emblèmes nationaux, aux institutions, aux rois ou dirigeants, l’incitation à troubler l’ordre public, y compris les accusations de terrorisme et autres interprétations capricieuses des lois relatives à l’expression et à la presse.

Ainsi, à ce jour, plus de 400 caricaturistes les organisations internationales reconnues ont rédigé et signé une déclaration.

La caricature, un droit fondamental

Cette déclaration a été présentée à ADDIS-ABEBA le 3 mai 2019, journée mondiale de la liberté de la presse. C’était lors de la conférence internationale de la Journée mondiale de la liberté de la presse de la même année, organisée à cette occasion par l’UNESCO, le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et l’Union africaine.

Déclaration

1. Nous rappelons solennellement que la liberté d’expression est un droit fondamental consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que« tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit ». De même, la résolution 25 C/104 de la Conférence générale de l’UNESCO de 1989 rappelle le droit à « lalibre circulation des idées par le mot et par l’image aux niveaux international et national« .

2. Nous rappelons le droit intangible à l’intégrité physique du dessinateur et notre opposition à toute menace ou pression de quelque nature que ce soit contre le dessinateur de presse. Nous proposons qu’un rapport spécifique soit soumis chaque année à la Direction générale de l’UNESCO et transmis aux États membres.

3. Nous appelons les Etats et la communauté internationale à ouvrir des processus de discussion et de réflexion sur« le droit à la satire et à l’irrévérence« .

4. Nous reprenons l’initiative prévue par plusieurs organisations de presse et demandons à l’UNESCO de consacrer une journée mondiale de la presse.

5. Nous demandons à la Direction générale de l’UNESCO de transmettre cette déclaration à la communauté internationale lors de la prochaine Conférence générale de l’UNESCO.

Un pas de plus

Maintenant, cette déclaration est entrée dans un nouvelle phase et est en cours de transmission à tous les États membres. A cette fin, ils invitent à partager cette démarche commune avec les dessinateurs qui n’ont pas encore signé la déclaration. Également avec les rédacteurs en chef des journaux pour lesquels ils travaillent, les associations avec lesquelles ils travaillent dans les secteurs de la presse, de la culture et autres. L’objectif est d’élargir davantage le mouvement et d’obtenir plus de soutien.

La caricature, un droit fondamental

Signe en tant que caricaturiste, membre d’une organisation ou citoyen.

La caricature, un droit fondamental

Le processus

Pour ne pas oublier

Espagne. L’enlèvement du magazine El Jueves et la condamnation des caricaturistes Manel Fontdevila et Guillermo Torres

Il s’agit peut-être de l’un des cas les plus sanglants de détournement d’une publication satirique avec condamnation et amende de deux caricaturistes dans une démocratie. (Lire l’histoire)

La viñeta, un derecho fundamental
El Jueves nº 1.573

Le 20 juillet 2007, le juge del Olmo a ordonné la saisie du numéro 1 573 du magazine El Jueves(voir ordonnance) et a demandé que tous les exemplaires soient retirés des points de vente, la raison étant sa couverture. Le procureur a même ordonné la « déconnexion » du site web de « El Jueves », bien que cela n’ait guère été nécessaire puisqu’il s’est effondré en raison d’une avalanche de visites. Cette histoire a eu des répercussions internationales.

La Constitution espagnole interdit la censure préalable des publications, mais autorise la saisie des publications une fois qu’elles sont dans la rue si un juge détermine qu’elles violent certains droits fondamentaux.

Le dessin de Guillermo avec un scénario de Manel, sous le titre « 2 500 euros par enfant » montrait une caricature du prince de l’époque Felipe et de Letizia au lit pratiquant la levrette, la scène illustrait une blague sur le chèque bébé du gouvernement Zapatero.

Le chef du tribunal central d’instruction numéro 6 a envoyé une convocation au directeur du magazine. Il a demandé que les auteurs de la couverture soient identifiés car, prétendument, ils auraient pu commettre des crimes contre la Couronne en vertu des articles 490.3 et 491 du Code pénal. Si tel était le cas, ils risquaient des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour calomnie ou insulte envers le roi ou ses descendants.

L’une des anecdotes les plus absurdes était que le juge del Olmo avait l’intention de supprimer « las planchas » du magazine. Une autre absurdité a été le débat dans les médias et sur Internet sur « le langage grossier et la grossièreté ». Comme si l’impolitesse était une infraction pénale.

Le 13 novembre 2007, ils ont été reconnus coupables d’avoir insulté le prince héritier. Le juge a imposé une amende de 3 600 euros (le procureur avait demandé 6 000 euros) pour chacun des caricaturistes. Il a considéré que le dessin et le texte de la caricature étaient« objectivement préjudiciables« . La Cour constitutionnelle a rejeté le recours du magazine contre la sentence prononcée par l’Audience nationale. Il a été annoncé qu’un appel serait déposé auprès de la Cour de Strasbourg, mais il n’y a pas eu d’autres nouvelles.

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